Réflexion

21 octobre 2007

 

29ième Dimanche Ordinaire 
Année C - Lc 18, 1-8

Jésus dit une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager: « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander: <Rends-moi justice contre mon adversaire.> Longtemps il refusa; puis il se dit: <Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer: je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.> »

Le Seigneur ajouta: « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit? Est-ce qu’il les fait attendre? Je vous le déclare: sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre? »
 



RÉFLEXION par Yvon-Michel Allard, svd

Les textes de la première lecture et de l’évangile de ce dimanche nous rappelle qu’il nous faut toujours prier, sans nous décourager.

Il y a peu de temps, un journaliste se moquait de quelqu’un qui demandait aux gens de prier alors qu’une tornade s’approchait de leur île dans les Caraïbes. L’article indiquait clairement que le journaliste en question ne savait pas ce qu’est la prière.

La prière n’est pas une formule magique qui nous permette de nous croiser les bras en attendant que Dieu fasse un miracle. Bien sûr, les gens peuvent espérer que la tornade change de direction et passe loin de leur île, mais la prière est là pour nous aider à nous préparer à l’arrivée de cette tornade et pour nous donner la force et le courage de réparer les dégâts une fois qu’elle est passée. Voilà le but de la prière.

Et cela s’applique à tous les événements importants de notre vie : l’éducation des enfants et des petits enfants, les accidents qui nous arrivent, la perte d’emploi, la maladie, la vieillesse, etc. Savoir faire face aux éventualités avec courage, en sachant que Dieu nous accompagne.

Si, par exemple, quelqu’un prie pour arrêter de fumer, pour guérir de l’alcoolisme, pour faire face à un problème familial… cette personne ne peut s’attendre à un miracle. Mais la prière la soutiendra dans sa décision d’agir. Ce sera difficile mais nous savons qu’en faisant face à ce problème, nous ne sommes pas seuls et que Dieu est avec nous. Ensemble nous pouvons réussir à surmonter les obstacles.

Nous devons donc prier tout en faisant le nécessaire pour corriger la situation. Comme Moïse, dans la première lecture d’aujourd’hui, qui prie pendant que Josué engage le combat contre les Amalécites. « Moïse dit à Josué… <va combattre les Amalécites. Moi, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main> ». La prière et l’action vont main dans la main.

« Prier pour obtenir la victoire et refuser de se battre est preuve de mauvaise éducation, dit Dieu (Charles Péguy). » Nous prions pour ne pas céder à la fatigue et pour avoir la force de combattre. La prière n’est un analgésique qui nous permet d’oublier nos problèmes. Au contraire, elle nous aide à comprendre les problèmes et nous donne la force de trouver des réponses.

J’ai connu des gens en phase terminale de cancer qui ont lutté jusqu’à la dernière minute et qui ont trouvé du sens à leur maladie et à leur souffrance. Avec la confiance qu’ils avaient en Dieu, ils ont su faire face à la mort avec courage et espérance.

Il ne s’agit pas de choisir entre la contemplation et l’action. Nous devons vivre ces deux réalités à la fois. La prière est là pour nous aider à agir avec force et courage. S. Benoît, le père des Bénédictins, disait à ses moines : « priez et travaillez ». Et S. Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites, proposait aux membres de sa communauté d’être des « contemplatifs dans l’action ».

Souvent, nous courons à droite et à gauche, pris dans l’engrenage de la consommation et la vitesse. Nous n'avons plus le temps de nous arrêter... sauf au moment de l'infarctus. "Vous savez, moi, avec mes études, mon travail, ma vie sociale, mes sports, mes engagements, je n'ai pas le temps de prier. Le dimanche matin est mon seul temps de repos... Vous comprenez pourquoi je ne vais pas à la messe."

Prier n’est pas une perte de temps, c’est une manière intelligente de remettre en perspective les nombreuses activités de notre vie de tous les jours.

La prière est la meilleure façon de garder un contact régulier avec Dieu. Elle nous rappelle que le Seigneur nous accompagne dans notre pèlerinage de vie. Nous ne sommes jamais seuls à faire face aux difficultés que nous rencontrons.

Parmi les prières à notre portée, la prière communautaire est probablement la meilleure et la plus efficace. C’est pourquoi l’Eucharistie a toujours été la prière privilégiée des chrétiens. À la messe, le jour du Seigneur, nous sommes réunis pour écouter la parole de Dieu et recevoir la force du Seigneur. Ça nous permet de rentrer dans nos familles pour faire face à toutes les éventualités qui se présentent.

Comme pour la veuve de l’évangile, notre prière doit se faire dans la persévérance. C’est pourquoi le Seigneur nous rappelle qu’il faut toujours prier sans nous décourager.