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Réflexion
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32ième Dimanche Ordinaire Année C - Lc 20, 27-28
Des sadducéens — ceux qui prétendent
qu'il n'y a pas de résurrection — vinrent trouver Jésus, et ils
l'interrogèrent : «Maître, Moïse nous a donné cette loi: Si un homme a un
frère marié mais qui meurt sans enfant, qu'il épouse la veuve pour donner
une descendance à son frère. Les sadducéens qui rencontrent Jésus ne sont pas intéressés à entreprendre une discussion théologique sérieuse avec lui. Ils veulent le prendre en défaut et le ridiculiser. Lorsque Jésus renverse les tables des vendeurs accrédités par ces mêmes dirigeants et les accusent de faire de la maison de prière un centre de voleurs, ceux-ci comprennent que Jésus peut mettre en danger leur entreprise. Les sadducéens étaient reliés au Temple de Jérusalem, mais ils étaient surtout intéressés à l’argent, au pouvoir et au contrôle du peuple. La vie après la mort n’entrait pas dans leurs croyances et dans leur champ d’intérêt. La question qu’ils posent à Jésus pour le discréditer et pour le ridiculiser est de savoir qui, dans l’éternité, sera le propriétaire de la femme qui a eu sept maris. À qui appartiendra-t-elle? Tout ce qui les intéresse, c’est la valeur marchande de cette femme. En ce sens, les sadducéens ne sont pas tellement différents de beaucoup de gens qui aujourd’hui nous proposent une culture matérialiste basée uniquement sur le gain et sur la consommation. Le texte d’aujourd’hui nous invite à réfléchir plus profondément non seulement sur notre vie de tous les jours mais aussi sur la vie à venir, sur la vie qui va au-delà de la mort. C’est là notre espérance chrétienne. S. Pierre nous rappelle que nous devons « toujours être prêts à répondre à quiconque nous demande la raison de l’espérance qui est en nous. » (1P 3, 15) Cette espérance fait éclater le mur de la mort et nous permet de vivre aujourd’hui avec la certitude que tout ne se termine pas au cimetière. D’ailleurs les premiers chrétiens ont bien exprimé cette espérance en choisissant le mot grec «koimitérion» pour indiquer l’endroit où ils déposaient la dépouille de leurs défunts. Ce mot, qui est devenu «cimetière» en français, voulait dire «auberge de passage». L’Église nous invite donc à la réflexion sur la vie que nous vivons aujourd’hui et qui se continue après la mort. S. Paul écrivait aux Thessaloniciens : «Il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité; de même nous le croyons, ceux qui sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. Ainsi, nous serons toujours avec le Seigneur.» Au début de novembre, nous avons célébré la fête de tous les saints et le jour suivant nous nous sommes rappelés nos défunts. En tant que chrétiens, nous ne voulons pas être de ceux qui refusent de penser à la mort. Pascal, qui était un grand croyant disait : « Les êtres humains, n’ayant pas trouvé le moyen de guérir la mort, ont décidé de chercher le bonheur en évitant d’y penser. ». Il nous faut avoir les deux pieds sur terre et savoir lutter contre la maladie et contre la mort, en faveur de la vie. Mais nous n’oublions pas que si la science médicale gagne un bon nombre de batailles, à la fin, c’est toujours la mort qui a le dernier mot. Mais la mort n’est pas la fin de tout. Notre Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, est le Dieu des vivants. Jésus nous renvoie à l’image du Dieu des ancêtres, des patriarches, toujours fidèle à ses promesses, le Dieu de la vie ! Le mois de novembre est le mois de la solidarité humaine. Nous prions pour nos défunts et ceux-ci continuent à nous accompagner dans notre pèlerinage de vie. « Accorde-leur, Seigneur le repos éternel, et que ta lumière sans fin brille sur eux. Que leur âme et les âmes de tous les fidèles défunts, par la miséricorde Dieu, demeurent dans la paix. » Cette espérance chrétienne nous rappelle que l’amour, la beauté, la compassion, l’attention aux autres, la bonté, la soif de justice qui se trouvent en nous et que nous admirons chez les autres ne disparaîtront pas avec la mort. « Soyons toujours prêts à répondre à quiconque nous demande la raison de l’espérance qui est en nous. »
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