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Réflexion
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33ième Dimanche Ordinaire Année C - Lc 21, 5-19
Certains disciples de Jésus
parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des
fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où
il n'en restera pas pierre sur pierre: tout sera détruit. » Les médias nous parlent sans arrêt des malheurs du monde : le terrorisme, les inondations, les tremblements de terre, les ouragans, les typhons, les attentats, les enlèvements, les viols, les meurtres d'enfants. Ensuite, il y a les guerres. Au 18e siècle, environ 4 millions de personnes sont mortes à cause des guerres; au 19e ce nombre à doublé : 8 millions; et au 20e siècle, la mort de près de 100 millions de personnes a été attribuée aux guerres. Ça ne semble pas s’améliorer ! Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y a des catastrophes naturelles, des actes de violence, des guerres, des accidents dans notre monde. La Californie brûle, une province du Mexique est inondée, les provinces de l'Atlantique essuient les derniers soubresauts de l'ouragan Noël, la Chine souffre d’inondations. Les séismes font des milliers de morts, déplacent un grand nombre de personnes, ravagent les cultures, détruisent les maisons. Devant ces phénomènes et à mesure que nous approchons de la fin de l'année liturgique, l'Église nous propose aujourd’hui de méditer sur la fragilité de notre monde et sur le temps qui passe : « des jours viendront où il ne restera pas pierre sur pierre. Tout sera détruit ». Nous avons peur du temps qui passe ! Nous faisons des cures de jeunesse, utilisons la chirurgie plastique, recherchons les crèmes qui enlèvent les rides, les teintures qui cachent les cheveux gris… Rien ne nous fait plus plaisir que de s’entendre dire : « Tu n’as vraiment pas l’air d’avoir soixante ans !» Cependant, le temps est inexorable, et il apporte avec lui toutes sortes d’angoisses… Ce n’est pas facile de vieillir, de faire face à la maladie, de savoir que la mort approche. Lorsque Luc écrit son évangile, autour des années 85, c’est un temps de grands bouleversements. En 64, les chrétiens subissent la première grande persécution, celle de Néron… En 70, Titus détruit la ville de Jérusalem et rase le Temple. C’est la fin de l’État d’Israël. En 79, il y a l’éruption du Vésuve qui détruit Pompée et d’autres villes environnantes. Hantés par la peur et la terreur, les gens ont tendance à se jeter dans les bras de n'importe quel "sauveur" de pacotille. « Vous allez voir, j'ai la solution à tous vos problèmes! » Aspirants politiques, gurus religieux, promoteurs de rêves, tous nous promettent des « paradis à bon marché », qui ont plus à voir avec leurs comptes en banque qu’avec le bonheur de l’humanité. « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer! » nous répète Jésus. Ne vous laissez pas leurrer par ces faux messies. Le Christ nous invite à ne pas nous laisser manipuler par ceux qui utilisent la peur pour nous promettre toutes sortes de « paradis bidons ». En lisant le texte de ce matin, on pourrait croire que Jésus nous laisse une image pessimiste de la réalité. Mais c’est le contraire qu’il nous dit : « N’ayez pas peur… Lorsque vous entendez parler de guerres, de désordres, de violence… ne vous effrayez pas ! » Le Seigneur nous invite à avoir un esprit d’espérance et de persévérance dans ce que nous vivons quotidiennement. « Ne vous laissez pas dominer par l’angoisse et par la terreur. » Le fameux professeur de théologie, Karl Barth, disait que bon nombre de chrétiens ont fait du jugement dernier un jour de frayeur et de condamnation (il faut penser au « Dies irae ») alors que dans le Nouveau Testament, les chrétiens attendaient ce jour du Seigneur avec joie. « C’est par notre constance que nous trouverons la paix. » Constance dans notre foi, dans notre espérance, dans notre fidélité au Christ. Nous arriverons au « Jour du Seigneur » avec joie et confiance. Savoir demeurer fidèle à la parole de Dieu à travers le temps qui passe, porter le poids du temps présent malgré les souffrances et la maladie, continuer à vivre au jour le jour sans perdre la confiance dans le futur de Dieu, voilà le programme que nous propose le Christ. Si le Seigneur nous parle de la fin du monde aujourd’hui c’est pour nous rassurer et pour replacer le temps qui nous est donné dans sa juste perspective. Ce temps est important pour nous. Nous devons l’utiliser le mieux possible. L’évangile n’est pas le livre de la fin du monde, mais bien une parole qui nous invite à construire un monde de justice, de paix, de fraternité et d’amour maintenant. Nous n’allons pas à l’église parce que nous avons peur de ce qui se passe autour de nous, parce que nous sommes découragés, déçus, frustrés, mais parce que nous voulons recevoir la force de travailler à la construction d’un monde nouveau, d’un monde meilleur, d’un monde plus humain.
« C’est par
votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »
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