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Réflexion
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2ième Dimanche de l'Avent Année A - Mt 3, 1- 4
En ces jours-là, paraît Jean le
Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée: «Convertissez-vous, car le
Royaume des cieux est tout proche!» Jean est celui que désignait la parole
transmise par le prophète Isaïe: À travers le désert, une voix crie:
Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.
Il y a deux thèmes principaux dans
les textes de la liturgie d’aujourd’hui : une promesse de bonheur et une
invitation à nous convertir au rêve et à « la mentalité de Dieu ». Dans la 1ère lecture, le prophète Isaïe nous parle de la promesse de bonheur. Cette promesse nous dit que Dieu enverra un sauveur qui, contrairement à nous, ne jugera pas selon les apparences. Ce Messie fera naître un monde nouveau où le loup habitera avec l'agneau, un monde sans violence, sans haine, sans injustice. Une terre d'amitié et de fraternité, un monde de paix absolue. Le texte de Martin Luther King : « J’ai fais un rêve » était inspiré de ce passage d’Isaïe. Isaïe rejoint le texte de l’Apocalypse, au chapitre 21, 3-4 : «Voici la demeure de Dieu parmi les hommes. Il aura sa demeure avec eux; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n’y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé.» Et le Christ nous dit que cette grande espérance, nous pouvons commencer à la réaliser maintenant.
De temps à autre, nous rencontrons
des personnes qui témoignent et qui vivent à plein, au nom de leur foi en
Dieu, cette espérance promise… Martin Luther King, Desmon Tutu, Nelson
Mandela, Teresa de Calcutta, Jean Vanier… Si nous ouvrons les yeux nous
verrons tout autour de nous le bien qui se fait ici même : dans les
hôpitaux, les résidences de personnes âgées, les organismes de
bienfaisances, les familles, les paroisses. Ceci est une invitation et une
question pour chacun de nous : qu’est-ce que je fais, moi, pour créer ce
monde nouveau? Pour faire naître ce rêve de Dieu, Jean Baptiste nous rappelle que nous avons besoin de conversion. Le précurseur du Seigneur nous invite à changer de direction et à commencer à vivre ce rêve de paix et d’amour dans vos vies, dans vos familles, au travail. «Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche.» Nous pensons souvent que la conversion c’est seulement pour les autres! Graham Greene disait : « le Chrétien est une personne qui se convertit tous les jours ». Cette nouvelle période de l’Avent sera-t-elle, pour moi, un temps de *retournement+, de «renouveau », de «changement », de « conversion »? Ou bien, vais-je continuer à ronronner ma vie, calé confortablement dans mon fauteuil? La seule manière de vraiment célébrer Noël en chrétien, c’est de le célébrer en converti. Qu’est-ce que je peux changer dans ma vie pour rendre la vie des autres et la mienne plus heureuse? Changer mon tempérament agressif, ma capacité de démolir les autres, la paresse qui m’empêche de m’engager et de faire quelque chose pour les autres, l’orgueil qui refuse de faire le premier pas et de pardonner… Se convertir, ça veut dire changer de direction. E. Schweizer affirmait : ça ne sert à rien d’encourager le coureur à redoubler ses efforts s’il court dans la direction opposée à celle de la ligne d’arrivée. Il faut alors qu’il change de direction… Changer de direction, c’est cela la conversion! On raconte qu’un ami de Mark Twain lui disait, qu’avant de mourir, il voulait aller en Israël puis se rendre sur le Mont Sinaï où Moïse avait reçu les dix commandements. Il voulait lire à haute voix, du sommet de la montagne, ces mêmes dix commandements. Mark Twain qui avait beaucoup d’humour et était parfois très malin lui répondit: « J’ai une meilleure idée. <Tu devrais rester ici à Boston et essayer de vivre les dix commandements> ». La conversion n’est jamais faite une fois pour toute. C’est pourquoi, à chaque eucharistie, nous demandons pardon. Ce qui importe, c’est la persévérance. Ne pas lâcher. Ça prend toute une vie pour devenir de vrais chrétiens. Ne nous laissons pas voler notre fête de Noël et ces belles semaines de préparation de l’Avent par les grands magasins, les achats de toutes sortes, la grande bouffe, les rencontres de famille, etc… Tout cela est important, mais il y a beaucoup plus dans cette période de préparation à la fête de Noël. Au retour de l’eucharistie, rentrer chez-soi avec le beau rêve de Dieu en tête et nous demander ce que nous pouvons changer dans notre vie de tous les jours pour que ce rêve soit un peu plus présent dans nos familles, dans notre voisinage, au travail, voilà notre vocation de chrétien et voilà le programme que nous propose le temps de l’Avent.
« Convertissez-vous au rêve et à la
mentalité de Dieu, car le Royaume des cieux est tout proche ».
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