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Réflexion
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Dimanche de l'Épiphanie (Fête des Rois) Année A - Mt 2, 1-12
Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient
arrivèrent à Jérusalem et demandèrent: «Où est le roi des Juifs qui vient
de naître? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous
prosterner devant lui.» En cette année liturgique, dimanche après dimanche, nous allons lire l’évangile de S. Matthieu au complet. Matthieu ne proclame pas seulement la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, il offre aussi une catéchèse exceptionnelle à ceux et celles qui prennent le temps de méditer son évangile. Aujourd’hui, la visite des mages d’orient contient de nombreux éléments pour notre réflexion chrétienne.
« Jésus était né à Bethléem, au temps du roi Hérode... » Matthieu, contrairement à Luc, parle peu de la naissance de Jésus. Par contre, il tient, à donner à ses lecteurs la "signification" de cette naissance. Et il nous livre cette signification dans le récit des mages. Au coeur du récit de l'Épiphanie, il propose deux attitudes, que nous retrouverons constamment au cours de son évangile: - D'une part, le «refus» des chefs politiques et religieux. Ils ont peur, ils s'inquiètent. Ils ne quittent pas Jérusalem. Ils vont chercher, dès le départ des mages, à tuer Jésus. - D'autre part, «l'accueil» de ces mages païens. Moins préparés pourtant à reconnaître le Messie, ce sont eux qui le cherchent, qui bougent, et qui, loin de "s'inquiéter", éprouvent "une grande joie".
« Nous avons vu son étoile… »
Cette étoile est le symbole de la foi. La foi est une valeur qui transforme petit à petit la vie des chercheurs de Dieu. La foi est un idéal… Un idéal, ça ressemble à une étoile : on a l’impression qu’elle est hors de notre portée, mais elle nous guide sur la route souvent obscure et nous oblige à regarder vers le ciel. (Schultze) L’étoile ne brille pas n’importe où. À Jérusalem, elle disparait. L’ambiance n’est pas propice. Le danger de perdre l’étoile, de perdre la foi est toujours présent. La superficialité, la fatigue, la trop grande commodité, la vanité mettent continuellement notre foi en danger. La présence de l'étoile procure aux mages une grande joie : «À la vue de l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.»
« Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». Ce sont les mots les plus importants du récit de Matthieu. "Se prosterner!" Ce verbe, utilisé trois fois dans cette page d’évangile, indique l'attitude profonde de ces chercheurs de Dieu. Ils viennent pour "adorer". Et moi? Est-ce que je me prosterne parfois? Devant qui? Devant quoi? Il nous faut apprendre à rendre hommage, à adorer Dieu… mais lui seul. C’est là notre force : «Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement!» Les mages sont venus non par curiosité, non pour apporter des présents, mais pour adorer. Il est difficile de faire plier, de corrompre des gens qui n'adorent que Dieu. Ils sont incontrôlables, imprévisibles et ne peuvent être manipulés, achetés ou corrompus... Le pouvoir, l'argent, la violence ne peuvent les faire «entrer dans le rang». Ce sont des gens dangereux pour le pouvoir en place. Chaque dimanche, comme les mages, nous venons adorer le Seigneur. Souvent, les gens disent: «Je ne vais plus à la messe parce que ça ne me donne rien» Mais nous ne venons pas à la messe parce qu’on y présente un spectacle intéressant… nous venons pour rendre hommage à Dieu, pour le remercier, pour écouter sa parole, pour rencontrer la communauté chrétienne. Chaque dimanche «nous venons pour adorer Dieu.» Après avoir rencontré le Seigneur, comme les mages, nous sommes invités à retourner par un autre chemin, à penser et à agir différemment de ceux qui n’ont pas la foi. Notre rencontre avec Dieu nous mène toujours à la découverte d’une route nouvelle. Nous chrétiens, comme les mages, devons, pendant toute notre vie, être et rester des chercheurs de Dieu, des pèlerins de l'éternité, des rêveurs d'un monde nouveau. Cette fête des Mages nous invite à nous mettre en route, à suivre l’étoile, à partager ce que nous sommes et ce que nous avons, à nous prosterner et adorer, à chercher un autre chemin. « Nous avons vu se lever son étoile et sommes venus nous prosterner devant lui. » |