Réflexion

13 janvier 2007

 

1er Dimanche Ordinaire 
Année A - Mt 3, 13-17

Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait: «C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi!» Mais Jésus lui répondit: «Pour le moment, laisse-moi faire; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste.» Alors Jean le laisse faire.

Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau; voici que les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j’ai mis tout mon amour.»


RÉFLEXION par Yvon-Michel Allard, svd

Le baptême de Jésus est une véritable source d’inspiration. Cet événement nous révèle plusieurs aspects importants de la personnalité de Jésus. Il nous permet de le connaître un peu mieux.  

« Les cieux s’ouvrirent ». Avec Jésus, non seulement les cieux s’ouvrent et le contact entre Dieu et nous est rétabli, mais son baptême nous révèle la présence de la Trinité. Dieu le Père, à travers son fils bien-aimé, rompt le silence et communique avec les pécheurs que nous sommes. Il nous invite à un nouvel exode vers la libération et le salut. 

« Il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe ». Dans le poème de la création (Genèse 1, 2), le Souffle de Dieu plane sur les eaux et, en les agitant, en fait jaillir la vie. C’est le même Souffle de Dieu qui descend sur Jésus dans les eaux du Jourdain. Jésus, le nouvel Adam, vivra en amitié avec Dieu, son père. Il s’agit d’une nouvelle création, un nouveau départ, une nouvelle chance pour que Dieu et nous puissions construire un monde de paix et d’amour. 

« Celui-ci est mon fils bien-aimé : en lui j’ai mis tout mon amour ». Ici on passe d'un Testament à l’autre. Toute cette atmosphère d’amour et de tendresse contraste avec la prédication de Jean Baptiste qui s’était trompé. Il attendait un Messie sévère, guerrier, qui punirait les méchants et chasserait les envahisseurs. C’est pourquoi il avait envoyé ses disciples demander à Jésus: «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?» 

La première lecture nous explique bien ce choix de Jésus : «Il ne crie pas, il n’élève pas le ton, il ne fait pas entendre sa voix dans la rue; il ne brise pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit…» Le Christ est proche de ceux qui ont été brisé par la vie. 

Le baptême de Jésus nous révèle que Dieu Père, Fils et Esprit, est avec nous et qu’il nous veut du bien. Le ciel est ouvert et nous sommes invités à rester en contact avec ui. Matthieu nous décrit la Trinité en action et il y reviendra à la toute fin de son évangile : «Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… Et voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. » 

Déjà au début de son ministère, le baptême de Jésus nous révèle un Dieu solidaire, qui rejoint les pécheurs :

  • Il mange chez Matthieu, le collecteur d’impôts

  • il met tous les tabous de côté et engage la conversation avec une femme samaritaine au puits de Jacob

  • il permet à une prostituée de lui parfumer les pieds

  •  il s’invite chez Zachée, un chef publicain

  • il défend la femme adultère et empêche qu’on la lapide à mort

  • il accepte le malfaiteur crucifié avec lui. Celui-ci sera le premier à entrer dans le Royaume

Jésus se veut totalement solidaire de tous les êtres humains, solidaire jusque dans la demande de pardon et dans la recherche d'alliance. Il se met en ligne avec les pécheurs pour se faire baptiser. 

Jésus, «celui qui est doux et humble de cœur, qui ne brise pas le roseau froissé », est le lien entre Dieu et nous. 

Le baptême de Jésus nous rappelle notre propre baptême et le texte souligne le caractère particulier de la mission de tout baptisé :

  • ne pas éteindre la mèche qui fume encore,

  • ne pas briser le roseau froissé,

  • ne pas crier,

  • être ouvert à tous,

  • apporter la justice, la lumière et la joie,

  • être des artisans de paix et de réconciliation.

«Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait» (Mt 5, 48) 

Si chacun de nous vivons pleinement notre baptême, il y aura, dans notre monde, dans notre pays, dans nos familles

  • plus de paix et moins de guerre, plus de tolérance et moins d'intransigeance,

  • plus de justice et moins de fraude, plus de vérité, moins de mensonge et d'hypocrisie,

  • plus d'espérance et moins d'orgueil, plus de lumière et moins de ténèbres...

  • Il y aura moins d'armes nucléaires, chimiques ou bactériologiques,

  • moins de bombes à fragmentation qui tuent et blessent des milliers d’innocents une fois les guerres terminées,

  • moins de terrorisme et plus de négociations, de médiations et de dialogue...

  • plus d’amour dans nos familles et moins de luttes et de séparations.

Aujourd’hui, nous sommes invités à suivre les traces de Jésus parce que nous aussi nous sommes les enfants bien-aimés de Dieu : «Celui-ci, celle-ci est mon fils, ma fille bien-aimée…» Quelle réalité consolante!  

«Les cieux s’ouvrirent et l’Esprit se posa sur lui, se posa sur elle… » C’est l’Esprit de notre baptême.