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Réflexion
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2ième Dimanche Ordinaire Année A - Jn 1, 29-34
Comme Jean Baptiste voyait Jésus
venir vers lui, il dit: «Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du
monde; c'est de lui que j’ai dit: Derrière moi vient un homme qui a sa
place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas; mais,
si je suis venu baptiser dans l'eau, c’est pour qu’il soit manifesté au
peuple d'Israël.» Ce bref témoignage de l’évangéliste Jean reflète sa théologie et celle de sa communauté plusieurs dizaines d’années après la rencontre de Jésus et de Jean Baptiste. Elle est une profession de foi des premières communautés chrétiennes. Au début de son évangile, Jean utilise plusieurs titres pour décrire Jésus et nous révéler son identité. Jésus est «le Verbe fait chair» (1,1), «la lumière du monde» (1,4), «le Fils unique du Dieu-Père» (1,14), «l’Agneau de Dieu» (1, 29,36), «le Fils de Dieu sur qui descend et demeure l’Esprit» (1, 34,49), «le Maître ou Rabbi» (1, 38,49), «le Messie ou Christ» (1, 41), «celui dont parlent la Loi et les Prophètes» (1,45), «le Roi d’Israël» (1,49), le «Fils de l’homme» (1,51). Tous ces titres lèvent le voile sur l’identité de Jésus-Christ. Au début du texte d’aujourd’hui, Jean Baptiste appelle Jésus «l’Agneau de Dieu» et termine son témoignage en disant qu’il est le «Fils de Dieu». Même si nous entendons les mots «Agneau de Dieu» à chaque eucharistie : «Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde», et même si nous chantons trois fois ces mêmes paroles avant la communion, cela ne semble pas être un titre qui a beaucoup d’attrait pour les hommes et les femmes d’aujourd'hui. Tout d'abord parce que le symbole de l’agneau n’est pas très parlant pour nous, et ensuite parce qu'en général nous n'aimons pas trop entendre parler de péché. L’homme et la femme modernes rejettent l’idée de péché. Si jamais on commet une erreur, on blâme l’instinct, l’hérédité, l’inconscience. Ou encore, on transfert la faute sur les autres : le gouvernement, la famille, le système, les conditions défavorables, etc. Le P. Turoldo avait raison lorsqu’il disait au cardinal Schuster, un peu déconcerté par sa remarque: «Mon but c’est de trouver des pécheurs»… c’est-à-dire des gens qui ont retrouvé le sens du péché. Le mal est au milieu de nous, bien qu’au niveau de la rue on ne l’appelle pas «péché» : - Dans le monde de la globalisation : l’exploitation, la pauvreté, la faim, la violence, la marginalité… - Dans le monde du travail : la compétition déloyale, l’insécurité, l’abus du travail juvénile, l’inégalité entre les hommes et les femmes… - Dans le monde familial : le manque de dialogue, la lutte des générations, l’infidélité, la séparation, le divorce… - Sur le plan personnel : l’orgueil, l’avarice, l’envie, le désir de dominer, la haine, la rivalité, la vengeance… Le péché du monde dont parle Jean Baptiste, c'est que les pauvres et les sans-voix sont écrasés; des millions souffrent de la faim; des populations entières sont chassées de leur maison et de leur pays par la guerre; les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres; des millions de malades meurent par manque de médicaments alors que des sommes astronomiques sont dépensées pour développer et acheter des engins de guerre. Le péché du monde, c’est la destruction systématique de notre planète afin de faire plus de profit; c'est l'existence de multiples guerres qui n’en finissent plus; c’est l’esprit de vengeance qui accompagne la peine de mort; ce sont les gangs de rues qui sèment la terreur; c’est la violence dans nos familles et dans nos milieux de travail. Le péché du monde c'est le silence et l'inaction coupables devant toutes ces injustices et ces crimes. À cette triste liste, en cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous pouvons ajouter le mal et le scandale qui résultent des divisions entre les groupes chrétiens. Il existe plus de 400 dénominations différentes de chrétiens à travers le monde. Le Christ qui, à la dernière scène, priait pour l’unité des siens avait bien raison de le faire! Le texte d’aujourd’hui, comme tout texte biblique, est d'abord et avant tout une révélation de Dieu et de son projet pour nous. Les derniers mots de la première lecture de ce dimanche rappellent ce projet de Dieu : «pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre.» Une fois de plus, la Bible nous dit que le projet de Dieu est un projet de salut, de bonheur et qu'il concerne l'humanité tout entière : «jusqu'aux extrémités de la terre.» Jean Baptiste désigne Jésus comme «le Fils de Dieu» et comme «l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde», parce que par lui ce projet de salut et de paix est possible. Je lisais dernièrement l’histoire suivante que l’on peut appliquer à des milliers de personnes à travers les siècles : «Un jour, un homme qui aimait se moquer de ceux qui allaient à la messe le dimanche, demanda à quelqu’un qui travaillait avec lui: André, peux-tu m’expliquer comment Jésus a fait pour changer l’eau en vin? André répondit : Je ne peux pas t’expliquer comment il a fait pour changer l’eau en vin, mais je sais qu’il y a une dizaine d’années, j’étais un alcoolique détestable, j’étais violent avec mes enfants et avec ma femme, je dépensais plus de la moitié de mon salaire en boisson et ma famille n’avait pas assez pour vivre. Un ami m’a aidé et il m’a parlé de Jésus. Petit à petit, je suis devenu un travailleur honnête et pacifique et un bon père de famille aimant et chaleureux. Je ne peux pas t’expliquer comment Jésus a réussi à changer l’eau en vin, mais je peux te raconter comment il a changé l’alcoolique que j’étais en bon père de famille.» « Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »
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