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Réflexion
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6ième Dimanche du Temps Pascal Année A - Jn 14, 15-21
À l’heure où Jésus passait de ce
monde à son Père, il disait à ses disciples: «Si vous m’aimez, vous
resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous
donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous: c'est
l’Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne
le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaissez, parce
qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. «Je ne vous laisserai
pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me
verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce
jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi,
et moi en vous. Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle,
c’est celui-là qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père; moi
aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui.» Dans l’évangile d’aujourd’hui, le Christ nous promet l’Esprit Saint qui sera avec nous pour toujours. Cet Esprit est la source de l’espérance que S. Pierre mentionne dans la 2e lecture. Les disciples de Jésus se trouvent alors dans une situation difficile. On se moque d’eux, on les chasse des synagogues, on les persécute. Les gens voulaient savoir ce qui leur donnait le courage de faire face aux accusations qu’on portait contre eux. Devant l’agressivité des adversaires, Pierre suggère ce qui suit : «Soyez toujours prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous. Mais faites-le avec douceur et respect.» Nous les chrétiens avons une grande espérance : nous sommes aimés de Dieu, l’Esprit Saint habite en nous, le Christ nous accompagne, notre vie ne se termine pas au cimetière. Les gens autour de nous se poseront des questions si notre vie est un témoignage de cette espérance et ils se demanderont immanquablement d’où elle vient. C’est sans doute dans ce sens que Jésus disait : «Que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions, ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux» (Mt 5, 16). Rendez compte de l’espérance qui est en nous ! Et Pierre ajoute : Faites-le avec douceur et respect: il ne s'agit pas de prosélytisme mais de témoignage. Je lisais un bel exemple de ce témoignage d’espérance dans les chroniques de la conquête d’Amérique latine. Au XVIIIe siècle, dans la cour d’une prison du Brésil, un prêtre avait été condamné à mort parce qu’il s’était opposé au trafic d’esclaves dans les colonies. Il était sur le point d’être fusillé. Comme on doit faire les choses en bonne et due forme, même lorsqu’il s’agit d’un meurtre barbare commit par l’État, on a demandé au prisonnier s’il avait un dernier désir avant de faire face au peloton d’exécution. Le prêtre condamné à mort surprit l’officier et les soldats en répliquant : «Oui, j’aimerais jouer un dernier air de flûte avant de mourir». L’officier lui accorda ce dernier vœu et les sept soldats, ses compatriotes, chargés de l’exécuter, se mirent en position de repos. Mais très vite, ce prêtre jouant de la flûte avant d’être fusillé créa une situation insupportable pour ses bourreaux. C’était tellement absurde. L’officier enleva la flûte au prisonnier, lui banda les yeux et donna l’ordre de faire feu! Le prêtre mourut sur le coup. Quel genre d’espérance donne le courage à un condamné à mort de jouer de la flûte avant de mourir?... «Rendez compte de l’espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect! L’une des réalités qui revient le plus souvent sur nos écrans de télévision, c’est la violence. Violence de la guerre et du terrorisme, de massacres d’innocents, d’enfants réduits au travail ou victimes d’abus sexuels, violence conjugale, violence vis-à-vis les jeunes et les moins jeunes, violence gratuite qui fait mal ou qui tue pour le plaisir de faire mal et de tuer. On n’en finit plus de dresser le bilan des victimes de la violence... et cela dans un monde qui se dit civilisé, qui s’est donné des chartes des droits de la personne, des droits des enfants, des droits des handicapés, des droits de la femme, etc. Le coeur humain ne contient pas seulement des bons sentiments. Il cache aussi des orages et des tonnerres terribles. Les personnes douces sont un cadeau de Dieu et un bienfait pour notre monde. Elles brisent la spirale infernale dans laquelle s’enferme notre univers de violence. Quand le respect et la douceur sont présents dans une famille, dans une communauté, dans une institution, la paix et l’harmonie se portent bien. La douceur et le respect ne sont pas seulement des comportements de gens bien élevés, elles sont aussi des vertus évangéliques. Dès le début de son ministère public, Jésus proclame : « Heureux les doux... heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils et filles de Dieu. » Et il ajoute : «Apprenez de moi qui suis doux et humble de coeur». On connaît le respect avec lequel il traitait les gens, surtout les petits, les malheureux, les souffrants, les exclus, les pécheurs. La douceur et le respect préviennent les chicanes, les incompréhensions, les méfiances, les violences. Elles créent un climat de confiance et désamorcent bien des esprits belliqueux. Je termine cette réflexion avec deux exemples de comportements chrétiens qui amènent les non-chrétiens à se poser des questions sur notre manière d’agir : Mahatma Gandhi était en Afrique du Sud. Après avoir lu le Sermon sur la montagne, lui le Bouddhiste, était convaincu que le Christianisme était la solution au système de castes en Inde. Le Christianisme pouvait apporter la justice, l’égalité, le respect des autres. Un dimanche, il se rendit à une église afin de prendre part à l’eucharistie. À l’entrée, quelques personnes qui étaient venues participer à la messe, lui rappelèrent poliment que cette église était réservée aux blancs. Il pourrait trouver une église pour les personnes de couleurs à seulement deux coins de rues à l’est. Ghandi s’éloigna et ne remit jamais les pieds dans une église. Un exemple plus positif : un évêque africain donna abri à une femme qui avait commis l’adultère. Le sorcier du village responsable de faire exécuter la sentence de mort pour ce genre de délie se présenta chez l’évêque qui refusa de lui remettre la femme condamnée. Le sorcier accusa alors l’évêque d’être immoral et de ne pas respecter les lois de sa tribu. L’évêque lui répondit : c’est vrai que je suis immoral par rapport à nos lois… c’est que, vois-tu, mon Dieu est plus humain que le tien! C’est par notre façon d’agir que nous provoquons chez les autres les questions sur l’espérance qui nous motive. « Soyons
toujours prêts à nous expliquer devant tous ceux qui nous demandent de
rendre compte de l’espérance qui est en nous. Mais faisons-le avec douceur
et respect.» |