Dimanche de l'Ascension
Année A - Mt 28, 16-20
Les onze disciples s’en allèrent en
Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils
le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles: «Tout pouvoir m’a été
donné au ciel et sur la terre. Allez donc! De toutes les nations faites
des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit;
et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et
moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.
RÉFLEXION par Yvon-Michel Allard, svd
En cette fête de l’Ascension, nous
ne célébrons pas le départ du Seigneur mais l’insertion de Dieu dans notre
vie. Jésus a accompli sa tâche et il nous promet maintenant une nouvelle
façon d’être présent parmi nous. «Voici que je suis avec vous tous les
jours jusqu’à la fin des temps». Il est présent, par sa parole, par les
sacrements, par l’eucharistie, par la foi.
Il nous avait dit le soir du jeudi saint: «Je ne vous laisserai pas
orphelins», et dans la première lecture de ce matin il nous promet
l’Esprit Saint: « vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint
qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans
toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.»
Jésus a toujours été proche des gens. Au grand scandale des scribes et des
pharisiens, il a pris parti pour les samaritains, les fils prodigues, les
déviants, les prostituées, les adultères, les ouvriers de la dernière
heure, les publicains et les pécheurs. Il a toujours défendu ceux et
celles que la société avait tendance à rejeter : les faibles, les malades,
les lépreux, les femmes et les enfants. Il n’excluait personne. Dans la
rue, à la synagogue, sur le bord du lac, dans les maisons, au Temple, au
puits de Jacob, sur le haut de la montagne, « il est passé en faisant le
bien ».
On a souvent accusé le christianisme d’être « l’opium du peuple », une
sorte de drogue qui nous fait oublier les problèmes de la vie courante, en
nous promettant le bonheur après la mort. C’est exactement le contraire de
ce que Jésus voulait, de ce qu’il a fait et de ce qu’il a demandé à ses
disciples de faire. «Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le
ciel?»
Le Seigneur invite ses disciples à retourner à leur Galilée natale,
c’est-à-dire dans leur propre milieu, dans leur famille, dans leur
village. Matthieu avait pris soin de donner la signification symbolique de
cette terre de Galilée dès le début du ministère de Jésus : «Galilée des
nations ! Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande
lumière… (Matthieu 4,15)… Pays méprisé par les puristes de Jérusalem,
peuplé par des gens provenant de diverses origines, terre où les croyances
et les incroyances se côtoient, se croisent et se mélangent.
Ce n’est pas dans le ciel que nous trouvons Dieu mais dans notre Galilée à
nous, dans notre vie de tous les jours : «Seigneur, quand nous est-il
arrivé de te voir affamé… assoiffé… nu et malade… Et le Roi leur fera
cette réponse : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits
qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25, 37)
« Comme Tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. » (Jean
17, 18) C’est à nous maintenant d’accomplir les œuvres du Seigneur parmi
nos frères et nos sœurs. Le Seigneur confie sa mission aux croyants que
nous sommes : «Ceux qui croient en moi accompliront les mêmes œuvres que
moi». (Jean 14, 12) et Marc ajoute : « Ceux qui deviendront mes disciples,
en mon nom ils chasseront les esprits mauvais, ils parleront un langage
nouveau… ils imposeront les mains aux malades et les malades s’en
trouveront bien » (Marc 16,17-18)
La célébration dominicale dure moins d’une heure et s’achève par le renvoi
de l’assemblée : «Allez dans la paix du Christ»… Ne restez pas là à
regarder vers le ciel, retournez chez-vous, dans votre Galilée où la
mission vous attend. La liturgie bien comprise et bien vécue renouvelle et
réactive l’élan missionnaire de ceux et de celles qui y participent.
«Galiléens, ne restez pas là à regarder vers le ciel» |