Réflexion

4 mai 2008

 

Dimanche de l'Ascension 
Année A - Mt 28, 16-20

Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles: «Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

RÉFLEXION par Yvon-Michel Allard, svd

En cette fête de l’Ascension, nous ne célébrons pas le départ du Seigneur mais l’insertion de Dieu dans notre vie. Jésus a accompli sa tâche et il nous promet maintenant une nouvelle façon d’être présent parmi nous. «Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps». Il est présent, par sa parole, par les sacrements, par l’eucharistie, par la foi.

Il nous avait dit le soir du jeudi saint: «Je ne vous laisserai pas orphelins», et dans la première lecture de ce matin il nous promet l’Esprit Saint: « vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.»

Jésus a toujours été proche des gens. Au grand scandale des scribes et des pharisiens, il a pris parti pour les samaritains, les fils prodigues, les déviants, les prostituées, les adultères, les ouvriers de la dernière heure, les publicains et les pécheurs. Il a toujours défendu ceux et celles que la société avait tendance à rejeter : les faibles, les malades, les lépreux, les femmes et les enfants. Il n’excluait personne. Dans la rue, à la synagogue, sur le bord du lac, dans les maisons, au Temple, au puits de Jacob, sur le haut de la montagne, « il est passé en faisant le bien ».

On a souvent accusé le christianisme d’être « l’opium du peuple », une sorte de drogue qui nous fait oublier les problèmes de la vie courante, en nous promettant le bonheur après la mort. C’est exactement le contraire de ce que Jésus voulait, de ce qu’il a fait et de ce qu’il a demandé à ses disciples de faire. «Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel?»

Le Seigneur invite ses disciples à retourner à leur Galilée natale, c’est-à-dire dans leur propre milieu, dans leur famille, dans leur village. Matthieu avait pris soin de donner la signification symbolique de cette terre de Galilée dès le début du ministère de Jésus : «Galilée des nations ! Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière… (Matthieu 4,15)… Pays méprisé par les puristes de Jérusalem, peuplé par des gens provenant de diverses origines, terre où les croyances et les incroyances se côtoient, se croisent et se mélangent.

Ce n’est pas dans le ciel que nous trouvons Dieu mais dans notre Galilée à nous, dans notre vie de tous les jours : «Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé… assoiffé… nu et malade… Et le Roi leur fera cette réponse : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25, 37)

« Comme Tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. » (Jean 17, 18) C’est à nous maintenant d’accomplir les œuvres du Seigneur parmi nos frères et nos sœurs. Le Seigneur confie sa mission aux croyants que nous sommes : «Ceux qui croient en moi accompliront les mêmes œuvres que moi». (Jean 14, 12) et Marc ajoute : « Ceux qui deviendront mes disciples, en mon nom ils chasseront les esprits mauvais, ils parleront un langage nouveau… ils imposeront les mains aux malades et les malades s’en trouveront bien » (Marc 16,17-18)

La célébration dominicale dure moins d’une heure et s’achève par le renvoi de l’assemblée : «Allez dans la paix du Christ»… Ne restez pas là à regarder vers le ciel, retournez chez-vous, dans votre Galilée où la mission vous attend. La liturgie bien comprise et bien vécue renouvelle et réactive l’élan missionnaire de ceux et de celles qui y participent.

«Galiléens, ne restez pas là à regarder vers le ciel»