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Réflexion
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Dimanche de la Ste-Trinité Année A - Jn 3, 16-18
Dieu a tant aimé le monde qu’il a
donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas,
mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le
monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit
sauvé. Celui qui croit en lui échappe au jugement, celui qui ne veut pas
croire est déjà jugé, parce qu’il n'a pas cru au nom du Fils unique de
Dieu. À la fin de l’année liturgique, nous sommes en mesure de savoir qui est notre Dieu, ce Dieu qui nous a été révélé à travers les prophètes, à travers la vie de Jésus, dans ses paraboles et son enseignement. La fête de la Trinité met un point final à cette révélation. Pendant le temps de l’Avent et de Noël, le Père nous a donné son fils qui devient l’un de nous. Pendant le temps du carême et de Pâques, nous suivons ce fils qui a passé sa vie à faire le bien. À la Pentecôte, l’Esprit Saint nous est envoyé pour continuer l’oeuvre du Christ dans nos vies. La fête de la Trinité résume tous ces événements de l’histoire de notre salut. Ce que l’on appelle «le mystère de la Sainte Trinité» est beaucoup plus un secret qu’un mystère, un secret que Dieu révèle à ceux et à celles qui prennent le temps d’écouter sa parole et qui font un effort pour en vivre. Nous découvrons un Dieu bon, paternel, plein de compassion, qui accueille la prostituée et le collecteur d’impôts, qui approche les lépreux et les aide à réintégrer leur communauté respective, qui pardonne à Pierre et fait place au bon larron, qui est proche de nous, habite en nos cœurs et nous donne le courage de faire face aux intempéries de la vie. Avec Moïse, Dieu lève le voile sur son identité propre (première lecture) : il est un « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité ». Il ne s’agit pas d’une scène de peur mais d’une rencontre pleine de tendresse et d’amour. Et Moïse invite Dieu à vivre au milieu de son peuple: «Si vraiment j’ai trouvé grâce à tes yeux, que mon Seigneur veuille bien vivre au milieu de nous». Dans l’évangile, Jésus révèle son Père à Nicodème : «Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.» Cette pensée est révolutionnaire pour un monde religieux qui annonçait que Dieu viendrait détruire les pécheurs. La relation entre Dieu et nous est fondée sur l’amour et non sur la crainte, la suspicion et la condamnation. Notre connaissance de Dieu ne vint pas de nos spéculations savantes mais de la révélation qu’il nous fait de lui-même. Vous connaissez la phrase de Voltaire : « Dieu a fait l’homme à son image et l’homme le lui a bien rendu ». Voltaire n’avait rien compris au christianisme. Nous n’avons pas inventé Dieu, c’est lui qui s'est révélé à nous à partir d’Abraham et de Moïse ! Et d’ailleurs, si nous l’avions inventé à notre image, il ne s’appellerait pas «Dieu de tendresse et miséricorde!» Nous pouvons spéculer et philosopher sur l’existence de Dieu, mais sans la révélation, jamais nous n’arriverions à la conclusion que notre Dieu est un Dieu Trinité, un Dieu d’amour et de bonté. Dieu n’est pas un patron tout-puissant, ni un gendarme qui surveille, arrête et punit, mais un père qui attend le retour de sa fille ou de son fils prodigue pour faire la fête, sans demander des comptes de ce qui s’est passé ! (parabole de l’Enfant prodigue). Il accueille les ouvriers de la dernière heure, les bergers, les lépreux, les pécheurs. Il ouvre le dialogue avec la samaritaine et protège la femme adultère. Ce Dieu de tendresse et d’amour nous invite à une alliance avec lui. Il nous inspire et nous fortifie, il est notre soutien et notre réconfort. Parce que nous avons été créés à son image, Dieu nous invite à l’imiter, à vivre comme lui : «soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux» (Luc 6, 36). Comme le dit S. Paul : «Ayez les mêmes sentiments que ceux de Dieu; vivez en paix, et le Dieu de la charité et de la paix sera avec vous.» (2 Cor 13, 11) Le message clair qui se dégage de cette fête de la Sainte Trinité est que notre Dieu n’est pas un Dieu lointain mais un Dieu proche de nous, un Dieu qui partage nos joies et nos peines. C’est aussi un Dieu qui nous invite à l’imiter afin de trouver le bonheur et devenir plus humain. Sainte Catherine de Sienne (+1380), celle qui a eu tant d’influence sur les papes de son temps (c’est elle qui a convaincu le pape de quitter Avignon pour revenir à Rome) disait : «Dans ta nature divine, o Dieu éternel, je découvrirai de plus en plus ma propre nature humaine.» On dit souvent que «l’homme propose et Dieu dispose»... En fait, c’est le contraire qui se produit : Dieu nous propose en permanence son dessein bienveillant, son alliance, son amitié, mais nous restons libres d’entrer ou de ne pas entrer dans ce projet. «Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle». Si nous répondons à son appel, nous créerons autour de nous une terre de paix, de fraternité, de partage et d’amour. En cette fête de la Trinité, il est bon de nous demander quel genre de Dieu nous adorons. Est-il un Dieu vengeur et sans pitié, ou le Dieu qui s’est révélé à nous, à travers les prophètes et à travers Jésus-Christ? Je termine cette réflexion avec la phrase trinitaire de Paul dans la deuxième lecture, phrase que nous utilisons au tout début de nos célébrations eucharistiques : Que la grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous X |