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Réflexion
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Dimanche de la Solennité du Corps et du Sang du
Christ Année A - Jn 6, 51-58
Après avoir nourri la foule avec
cinq pains et deux poissons, Jésus disait: «Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel: si quelqu’un mange de ce pain, il vivra
éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le
monde ait la vie.» Les Juifs discutaient entre eux: «Comment cet homme-là
peut-il nous donner sa chair à manger?» Autrefois, on appelait la fête d’aujourd’hui « la Fête-Dieu ». Depuis Vatican II, on l’appelle « la Solennité du Corps et du Sang du Christ ». Ce changement est significatif car il souligne davantage la célébration de l’Eucharistie. La fête du Corps et du Sang du Christ nous invite à renouveler notre engagement de fidélité envers cette célébration du Jour du Seigneur, et à apprécier de plus en plus nos rencontres du dimanche. L’eucharistie, c’est premièrement la fête du souvenir de ce que le Christ a fait pour nous : «Faites ceci en mémoire de moi ». C’est aussi la célébration de notre unité dans le Christ : «Parce qu’il n’y a qu’un seul pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, le corps du Christ », nous dit S. Paul dans la 2e lecture. Le texte du Deutéronome (1re lecture) commence par les mots : «Souviens-toi… » et rejoint les paroles de Jésus à la dernière Cène : « Faites ceci en mémoire de moi ». Ce souvenir de notre passé est d’une grand importance pour notre foi. Le texte rappelle que Dieu a accompagné son peuple dans le désert, l’a abreuvé de l’eau du rocher, et l’a rassasié d’un pain inconnu qu’ils nommèrent « la manne »… Lorsque le texte a été rédigé, les Hébreux ont quitté le désert et se sont établis en Palestine : « Souviens-toi de tout le chemin que Yahvé ton Dieu t’a fait parcourir pendant quarante ans dans le désert. » Sédentaires et plus riches, ils peuvent maintenant profiter de leur prospérité, mais il y a un grand risque pour leur foi en Dieu... Quand tout va bien, quand la prospérité fait partie de la vie, que la santé est excellente, on a l’impression qu’on a pas besoin de Dieu. On devient facilement auto-suffisant... Il n’est pas facile de se souvenir de Dieu dans une période de bien-être! Après les attaques terroristes du Onze Septembre, les médias ont souligné la plus grande participation aux offices religieux aux États-Unis. Une fois le calme revenu, cette participation a diminuée de nouveau. Il semble qu’à mesure que les gens n’ont pas de sérieux problèmes, qu’ils deviennent plus riches, leur mémoire s’appauvrit. Un regard sur notre passé nous aide à savoir qui nous sommes et nous aide à envisager l’avenir avec confiance. Ici au Québec, on répète souvent le slogan : «Je me souviens » et on le retrouve sur toutes les plaques d’immatriculation. Malgré cela, bon nombre de Québécois souffrent d’amnésie partielle. Des milliers d’entre nous avons oublié notre héritage religieux. La mémoire d’un peuple, c’est un peu comme les racines d'un arbre. L’arbre vit grâce à elles, il leur doit sa subsistance et sa croissance. Imaginez un arbre qui dirait : «Je n’ai pas besoin de mes racines, elles m’empêchent de bouger librement». On devine la suite, ce serait la mort certaine. L'avenir de l’arbre est dans ses racines. Nous venons à la messe le dimanche, non pas pour assister à un spectacle, mais pour nous rappeler l’histoire de notre vie et pour remercier Dieu qui nous accompagne, dans les bonnes années comme dans les années plus difficiles. La fête d’aujourd’hui est donc une fête du souvenir, mais elle célèbre aussi notre unité chrétienne. Comme le dit S. Paul : « À plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps, car tous nous participons à ce pain unique. » Nous oublions souvent l’extraordinaire capacité de l’eucharistie de nous réconcilier les uns avec les autres. À la fin du sermon sur la montagne Jésus disait : «Si tu viens offrir ton offrande à l’autel et que tu te souviens alors que ton frère a quelque chose contre toi, laisse-là ton offrande, va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis revient présenter ton offrande au Seigneur.» (Mt 5, 23-24) S. Jean résume les paroles du Christ dans cette phrase bien connue : «Voici mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés » (15, 12) L’eucharistie reste, à travers les siècles, symbole de l’unité dans la diversité. Tous nous pouvons assister ensemble à l’eucharistie : libéraux, conservateurs, membres du parti québécois, membres du NPD, jeunes adultes, personnes âgées, traditionalistes, innovateurs, couples, célibataires… Ensemble, à travers nos diversités, nous formons le corps du Christ. Notre source d’unité n’est pas le Canada, l’Amérique, l’Europe, les partis politiques, la tradition, la couleur de notre peau … C’est le Christ. Le grand S. Augustin, en parlant de l’eucharistie, s’exclamait : « O mysterium unitatis, o vinculum caritatis »… O mystère de l’unité, o lien de la charité! Lorsque nous quittons l’église, à la fin de l’eucharistie, nous sommes envoyés dans nos familles, au travail, aux loisirs, pour construire un monde de paix, de fraternité et de partage. Cette célébration du Corps et du Sang du Christ est donc très importante parce qu’elle souligne le sens de nos rencontres dominicales. C’est une fête qui nous invite à nous souvenir du rôle primordial que Dieu joue dans notre vie et nous aide à devenir de plus en plus une véritable communauté chrétienne, dans l’unité et la diversité. Si nous partageons la vie du Christ, notre vie aura un goût d’éternité. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement X |