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Réflexion
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14ième Dimanche Ordinaire Année A - Mt 11, 25-30
En ce temps-là, Jésus prit la
parole: «Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce
que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon
Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît
le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. L'évangéliste Matthieu nous dit à plusieurs reprises que Jésus est un homme de compassion, qui se sent à l’aise avec les petits, les démunis, ceux qui souffrent le plus. Il est l’image de Dieu, son Père, qui n’est pas un Dieu sévère, lointain et froid mais un Dieu plein d’amour, de compassion, de tendresse. Déjà, le prophète Isaïe disait : «Voici mon serviteur, mon élu en qui je me complaît. J’ai mis en lui mon esprit, il présentera aux nations le droit, il ne crie pas, il n’élève pas le ton, il ne fait pas entendre sa voix dans la rue; il ne brise pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit…» (Is 42, 1-3). Notre Dieu est un Dieu de bonté, de tendresse et de miséricorde. Il donne toujours une autre chance. Nous n’avons qu’à relire les textes qui parlent de Marie Madeleine, Zachée, la Samaritaine, le bon larron, Pierre, l’enfant prodigue, les ouvriers de la dernière heure, Paul et tant d’autres à travers les siècles. Toute la vie moderne exalte la force, la richesse et le pouvoir. La publicité fait la promotion de la loi du plus fort, des réussites politiques, sportives et économiques. Elle nous présente les grandes vedettes comme des modèles à imiter. La douceur et l’humilité sont des valeurs en baisse à la Bourse du 21e siècle. Observez les enfants, comme ils essaient d’imiter les adultes. Leurs héros sont des vainqueurs au coup de poing, à la gâchette facile, à l’image de Rambo, des Marines, des justiciers de l’espace qui gagnent toujours et qui font la loi! Or notre Dieu est fier de se révéler non pas puissant et fort mais « doux et humble de cœur ». Et S. Paul, dans sa lettre aux Galates, explique que les fruits de l’Esprit, source et promoteur de cette vision de Dieu sont : « la charité, la joie, la paix, la patience, la serviabilité, la bonté, la confiance dans les autres, la douceur, la maîtrise de soi » (Galates 5, 22). Notre Dieu n’est pas un Dieu de peur, mais un Dieu qui est bien avec nous, qui nous accompagne, qui est présent et nous apporte la joie et la paix! « Voici que je suis à la porte et frappe… Si quelqu’un ouvre, j’entrerai chez lui et prendrai mon repas avec lui » (Apocalypse 3, 20) « Un Dieu doux et humble de cœur »… C’est donc la première révélation extraordinaire de l’évangile d’aujourd’hui. Une deuxième, tout aussi importante est l’invitation que nous fait le Christ : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. » Les lois juives étaient un joug lourd à porter. Quelque 613 commandements et régulations. Pour les gens simples et surtout pour ceux qui pratiquaient certains métiers, c’était impossible d’observer toutes ces lois. En conséquence, plusieurs catégories d’êtres humains étaient rejetées parce que considérées comme « impures » : les bergers, les conducteurs d'ânes, les vendeurs itinérants, les tanneurs de peaux, les collecteurs d’impôts, sans parler des centaines de personnes exclus de leur village à cause de problèmes de santé. Tous ces gens étaient privés de leurs droits civiques les plus élémentaires. Il leur était défendu d’être témoins dans un procès, ils ne pouvaient entrer dans une synagogue. C’était impossible pour eux de participer à la vie de la communauté et du village. Jésus veut bien la loi, mais il refuse d’en faire un lourd fardeau et une cause de discrimination et d’injustice. Pour lui, la loi doit être un élément de libération et de justice. Dans les actes des apôtres, Saint Pierre argumente de la même façon que le Christ disant, au sujet des non-Juifs qui veulent se joindre au christianisme : «Ce serait leur imposer un joug insupportable que de les obliger à suivre toutes les lois de Moïse» (ex. la circoncision). « Pourquoi voulez-vous imposer aux disciples un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n’avons eu la force de porter? » (Actes 15, 10) Comme Jésus, Pierre refuse d’imposer aux gens des lois qu’ils ne pourraient supporter. Souvent, à travers les siècles, l’Église a oublié cette sagesse évangélique. Jésus accusait les prêtres, les pharisiens et les scribes, c’est à dire l’église de son temps, d’imposer aux gens des fardeaux qu’eux-mêmes refusaient de porter : « Les scribes et les Pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : faites donc et observez ce qu’ils vous disent, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des autres alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt » (Mt 23, 2-4). Jésus offre aujourd’hui de partager notre fardeau, le fardeau de l’infirmité, de la vieillesse, de la pauvreté, de l’échec, de la solitude... Tous nos fardeaux sont moins lourds lorsque nous les portons avec le Christ... un fardeau partagé est deux fois plus léger. Chaque dimanche, nous participons à l’eucharistie en sachant que le Seigneur nous aidera à porter notre fardeau, et en espérant que les chrétiens présents feront la même chose. Notre Dieu est un Dieu de paix et de fraternité, un Dieu doux et humble de coeur, un Dieu qui veut partager le poids de notre fardeau quotidien. Jésus est venu pour redonner à la religion son rôle de libération. C’est la bonne nouvelle de ce dimanche.
Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le
fardeau,
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