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Réflexion
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17ième Dimanche Ordinaire
Jésus disait à la foule ces paraboles: « Le Royaume des
cieux est comparable à un trésor caché dans un champ; l’homme qui l’a
découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il
possède, et il achète ce champ. « Ou encore: Le Royaume des cieux est
comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une
perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète
la perle… » Chaque dimanche la parole de Dieu nous vient du fond des âges, ayant plus de 2000, 2500, 3000 ans et nous l’appliquons à notre situation présente, en l’adaptant à nos besoins de tous les jours. Depuis le début du christianisme, les chrétiens ont réinterprété les paroles de Jésus à la lumière des besoins de leur temps. Cela ne peut pas être fait en répétant simplement ce qui a été dit ou écrit auparavant. Il faut avoir la sagesse nécessaire pour comprendre, réinterpréter et appliquer l’évangile aux réalités d’aujourd’hui. Jésus lui-même tirait du neuf et de l’ancien du trésor de son peuple. Il ne remplaçait pas l’Ancien Testament par le Nouveau, il prenait ce qui était bon dans l’ancien et ajoutait ce qui était nécessaire à son enseignement sur le Royaume de Dieu. Le disciple, c’est celui ou celle qui comme Salomon dans la première lecture, demande à Dieu « de lui donner un cœur plein de discernement, un cœur intelligent et sage », un coeur qui sache faire la part des choses et découvrir ce qui est bon dans le passé, tout en mettant de côté ce qui ne sert plus! Il y a des gens qui idéalise le passé et voudraient retourner en arrière, dans ce qu’ils appellent « le bon vieux temps ». Il n’y a pas de « bon vieux temps », il n’y a que le temps présent. Il y en a d’autres qui rejette tout ce qui a existé avant eux et ne voient rien de bon dans ce qu’ont fait les générations précédentes. Ils pensent qu’ils ont tout inventé! Ils veulent tout reprendre à zéro et rejette la sagesse et l’expérience des siècles antérieurs. Il faut savoir conserver les trésors de la tradition, mais il faut aussi avoir le courage d’abandonner ce qui ne répond plus à nos besoins aujourd’hui. Il faut « inventer » du neuf à partir du trésor qui nous a été légué. Des exemples de ce type de sagesse se retrouvent dans les moments importants de notre vie. Une bonne dose de discernement est nécessaire par exemple lorsque nous déménageons. À travers les ans, nous avons accumulé plein d’objets devenus souvent inutiles. Avec le temps, les nécessités changent. Si nous déménageons dans une maison plus petite, nous devons faire des choix. Il faut nous débarrasser de certains meubles qui ne cadrent plus dans le nouvel appartement et nous procurer certains autres qui seront plus adaptés à notre nouvelle demeure. La sagesse et le discernement nous permettent de vivre et de survivre. Nous faisons souvent des erreurs et provoquons des crises sérieuses vis-à-vis ceux et celles que nous aimons. Il faut apprendre à nous faire pardonner et laisser derrière nous les situations qui ont provoqué des colères et causé de grandes peines au conjoint ou aux enfants. Nous sommes alors invités à abandonner certaines attitudes et certains comportements qui ont provoqué ces chicanes de famille. Dans notre passé collectif, il y a des trésors inestimables encore très utiles aujourd’hui et il y a des façons de faire et des traditions qui n’ont plus leur raison d’être parce que les temps et les besoins ont changés. Il ne faudrait donc pas tout jeter par-dessus bord mais faire un choix judicieux et savoir « tirer de ce trésor du neuf et de l’ancien ». Aujourd’hui, de toutes évidences, nous sommes immergés dans une société où Dieu a peu de place. A chacun de nous, Jésus pose la question: « Où est ton trésor ? Quelles sont tes priorités? Qu’est-ce qui a du prix à tes yeux ? Qu’est-ce qui est important pour toi? » « Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. » Notre vie est fragile, menacée, éphémère quand elle est vécue loin de Dieu. Elle acquiert du sens et de la valeur si elle se greffe sur l’éternité de Dieu. Faire cette découverte, nous dit l’évangile, c’est découvrir un véritable trésor. Les choix que nous faisons pour Dieu n’aboutissent pas à une soustraction, mais à un « plus ». L’évangile mentionne la grande joie que la découverte du trésor provoque : « Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. » La présence de Dieu dans nos vies ne détruit pas ce qui est humain en nous, elle le dynamise, le transfigure de l’intérieur et lui donne un sens. Le disciple de Jésus n’est pas celui ou celle qui a perdu quelque chose, mais bien celui ou celle qui a trouvé et qui s’en réjouit grandement. Découvrir le trésor caché, la perle de grand prix ne signifie pas que l’on déprécie les autres réalités de la vie, mais que nous apprenons à les relativiser. Le discernement et la sagesse de l’évangile nous aident à établir une échelle de valeurs dans nos vies et à valoriser le trésor de notre foi, trésor qui donne un véritable sens à notre travail, à notre famille, à notre existence… à travers nos joies et nos souffrances, nos victoires et nos défaites.
Apprenons à tirer de notre trésor du neuf et de l’ancien.
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