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Réflexion
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25ième Dimanche Ordinaire Année A - Mt 20, 1-16
Jésus disait cette parabole: « Le Royaume des cieux est
comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin
d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur un
salaire d’une pièce d’argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place,
sans travail. Il leur dit: "Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous
donnerai ce qui est juste." Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers
midi, puis vers trois heures, et fit de même. Cette semaine et les deux semaines qui suivent, nous entendrons les trois paraboles de Jésus sur la vigne. En ce dimanche, le Christ nous propose la parabole des travailleurs embauchés tout au long de la journée, dimanche prochain celle des deux fils, et dans quinze jours, la parabole des ouvriers qui veulent s’emparer de la vigne. La parabole d’aujourd’hui commence comme une histoire réelle, sur la place publique d’un village de Palestine, très tôt le matin. Les « journaliers » sont là, attendant qu’on les embauche. Je me souviens, lorsque je travaillais au Mexique, je voyais souvent sur la place centrale de la ville de Mexico, des dizaines de person-nes autour de la cathédrale, attendant qu’on les embauche, chacune arborant sa petite pancarte : plombier, électricien, peintre, menuisier, cuisinière, femme de ménage, etc. Ces gens espéraient que quelqu’un leur donne du travail : «Pourquoi êtes vous restés là, sans rien faire ? Parce que personne ne nous a embauchés» Le problème du manque de travail est l’une des plaies de notre siècle. Dans les pays industrialisés, des millions de postes de travail ont été perdus ces dernières années. À travers le monde, la moitié de la population n’a pas de travail fixe et des millions survivent sur un salaire de famine d’un ou deux dollars par jour. La parabole des ouvriers de la vigne rappelle ce problème permanent. Dans le texte de ce dimanche, le Christ souligne trois points importants : Premièrement, tous sont invités à travailler dans la vigne du Seigneur. Dans cette vigne, il n’y a pas de chômage et il n'est jamais trop tard pour répondre à l’invitation de Jésus. Ensuite, à l'heure de la paye, nous pouvons être assurés que le Seigneur nous donnera un salaire équitable. « Allez à ma vigne et je vous donnerai ce qui est juste ». Finalement, et c’est probablement le point le plus important, même si nous n’avons pas travaillé toute la journée – à cause des circonstances de la vie, ou encore par paresse, négligence, insouciance ou manque d’intérêt -, le Seigneur continue à nous inviter. Nous ne sommes jamais trop âgés pour commencer à travailler ou pour reprendre le travail. Si nous n’avons pas toujours été très vaillants au cours de notre vie, nous avons de bonnes chances de devenir nous aussi des ouvriers de la dernière heure. Lorsque notre soleil est sur le point de s’éteindre, lorsque les rides s’accentuent sur notre visage, lorsque la fatigue et la faiblesse s’emparent de nous, le Seigneur nous redonne confiance et nous invite de nouveau : « allez vous aussi à ma vigne ». Nous qui pensions être les ouvriers de la première heure, nous nous rendons compte que nous n’avons pas fait grand chose jusqu’ici. Avec humilité, nous devons nous ranger parmi les ouvriers de la dernière heure, à côté des pécheurs et du bon larron, conscients d’avoir fait si peu mais comptant sur la miséricorde et la bonté de Dieu. À la dernière heure, nos sommes appelés de nouveau... et Dieu nous donnera le même salaire qu’à ceux et celles qui ont vraiment travaillé tout au long de la journée! Cette parabole de Jésus met en évidence la comptabilité de Dieu face à notre comptabilité souvent mesquine. Il n’y a pas de prime d’ancienneté dans la vigne du Seigneur mais il y a toujours un salaire généreux à la fin de la journée. Pour Dieu, nous ne sommes pas des mercenaires, des employés, mais des amis: «Mon ami, faut-il que tu sois jaloux parce que je suis bon ?» L’amitié, l'amour, la tendresse est ce qui guide le comportement du Seigneur. Le journalier qui n’a travaillé qu’une heure retournerait à la maison les mains presque vides et ne pourrait nourrir sa famille si le Seigneur l’avait rémunéré selon sa petite heure de travail. Dieu a donc pitié de lui et de sa famille. Pour Dieu, il ne s’agit pas de justice distributive mais de générosité gratuite. « Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que je suis bon ? » Notre Dieu est un Dieu qui répand ses bienfaits à profusion, qui « appelle » et « invite » à toute heure, à tout âge, dans toutes les situations... Il y a des chrétiens qui croient que la religion consiste en ce que nous faisons pour Dieu. En fait, la religion c’est en ce que Dieu fait pour nous. Dieu accueille l’enfant prodigue, recherche la brebis perdus, donne une autre chance au figuier qui ne porte pas de fruits, ouvre le paradis au bon larron, mange avec les publicains et les pécheurs, engage la conversation avec la Samaritaine, réintègre Marie-Madeleine à la communauté, protège la femme adultère, pardonne à Pierre après son reniement, choisit S. Paul le persécuteur, etc., etc. Nous sommes invités nous aussi aujourd’hui à entrer dans la vigne du Seigneur, lieu de bonheur et d’alliance avec Dieu et avec les autres, symbole de la bonté et de la générosité de Dieu. Allez vous aussi à ma vigne
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