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Réflexion
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22ième Dimanche Ordinaire Année A - Mt 16, 21-27
Pierre avait dit à Jésus: «Tu es le
Messie, le Fils du Dieu vivant.» À partir de ce moment, Jésus le Christ
commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour
Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres
et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. La page d’évangile d’aujourd’hui prend la suite exacte de celle de dimanche dernier où Pierre déclarait que Jésus était le Messie, le Fils du Dieu vivant. Aujourd’hui, le texte nous présente l’affrontement de deux mentalités : Pierre refuse la souffrance et le Seigneur affirme qu’il n’y a pas d’amour sans souffrance. Pour aimer jusqu'au bout, il faut accepter de souffrir. Il n'y a pas de véritable amour, sans sacrifice... Ceci est vrai dans les rapports amoureux, dans la vie des couples qui élèvent leurs enfants, dans l’exercice d’un métier ou d’une profession. Il n’y a pas d’amour vrai sans renoncement. Et il suffit d’évoquer certaines situations parfois douloureuses, pour comprendre que l’amour coûte cher : Pardonner à un ennemi qui vous a blessé et humilié. Aimer fidèlement un conjoint, malgré les désaccords et la maladie. Continuer à servir des enfants qui semblent se moquer de vous. Garder le sens du partage quand tout nous incite à entasser et à dépenser pour soi. Rester honnête dans les affaires quand les règles économiques ou politiques sont celles de la jungle, celle du plus fort qui écrase le faible. Avoir le courage de se dire chrétien dans un milieu incroyant ou moqueur. Avoir le courage de prendre parti pour les plus pauvres et les plus délaissés de nos sociétés ; le courage de manifester, sans violence, contre les puissances de l’argent ; le courage d'affirmer les droits des sans-voix, des immigrants illégaux, de ceux et celles qui sont sur le bien-être social ; le courage de ne pas tricher, de ne pas frauder ; le courage d'être fidèle à ses engagements de mariage ; le courage de prier et d'aller à la messe le dimanche ; le courage de se tenir debout pour la vérité et la justice quand tout le monde rampe. Pour aimer authentiquement, il faut y mettre le prix. Je connais un couple, Maria et Gabrio, qui depuis plus de 30 ans s'occupent de leur fille handicapée de naissance, en chaise roulante, incapable de se nourrir elle-même et ne pouvant prononcer que quelques mots. Ils ont eu deux autres filles en excellente santé, mais une grande partie de leur temps et de leur énergie a été consacrée à Sara qui demande une attention constante. Toute leur vie a été bouleversée par cette enfant handicapée qui continue à vivre parce qu’elle est entourée de l’amour de ses deux soeurs et ses parents. Dans un village où je travaillais, une vieille dame, Vittoria, avait trois enfants et un mari ivrogne. Elle devait gagner le nécessaire pour nourrir sa famille. Malgré ses moyens très limités, elle gardait chez-elle sa belle-mère en chaise roulante et complètement dépendante. Pendant des années, son grand amour et sa foi profonde lui ont donné le courage de faire face à toutes les éventualités. Aujourd’hui cette vieille femme, belle et sereine, entourée de l’amour de ses trois enfants, remercie Dieu tous les jours pour tout ce qu’elle a reçu dans sa vie. Je suis convaincu que chacun de nous pourrait donner de nombreux exemples de cet amour difficile qui demande beaucoup d’abnégation et de sacrifices. Toute la mentalité moderne nous parle d’épanouissement, de plaisir, de liberté, de jouissance: « je veux vivre ma vie! ». Mais à quel prix? Pour aimer authentiquement, il faut y mettre le prix. La mentalité de notre «monde» s'oppose de façon catégorique à l’esprit de l'Évangile lorsque : le gain devient la seule valeur de la vie. le succès et le prestige dominent les modèles proposés dans les sports, en politique, en affaire. toutes les règles de morale sont abolies afin de favoriser le plaisir immédiat et le succès « à tous prix ». Il y a quelques mois, une étude affirmait qu’aux États-Unis plus de 80% des jeunes trichent aux examens. Ce n’est sans doute pas beaucoup mieux au Canada. C’est la seule façon, selon eux, de s’assurer un avenir prometteur. Mais cette mentalité de tricheurs, de malhonnêteté, risque de continuer dans la vie adulte. S. Paul nous dit dans sa lettre aux Romains: « Ne vous conformez pas sur la mentalité du monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. » (Romains 12, 2) La mentalité de Dieu valorise la vie en abondance, basée sur l'amour, le respect de l’autre et le don de soi. « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu ». Le Christ nous dit ce matin, à travers la réponse de Jésus à Pierre, qu'en choisissant l'amour avec tout ce que cela comprend de souffrance, nous choisissons une vie en abondance et une vie qui se transforme en vie éternelle. « Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » Les sacrifices que nous faisons pour ceux et celles que nous aimons ne constituent pas une sorte de masochisme mais au contraire, ils valorisent notre existence et donne sens à notre vie. Demandons au Seigneur aujourd’hui que nos pensées deviennent semblables à celles de Dieu. « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
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